Quelques uns des sauvageons :

Bonne nouvelle !

Le 25 novembre 2017

 

Les Enfants Sauvages viennent d'apprendre qu'Alan Payon est lauréat de l'aide à la création du CNT - Artcena, catégorie dramaturgie plurielle, commission de l'automne 2017.

Nous sommes heureux que l'aspect hybride de notre travail soit reconnu par cette belle institution.

Temps forts

17/18

Des aventures sauvages,

entre l'Ethiopie et les fonds marins...

Le 11 novembre 2017

 

Ca y est ! Nous l'avons fait ! Nous avons découvert l'Abyssinie si chère à Arthur Rimbaud. Nous avons survolé des déserts, nous avons mangé du chameau, nous avons "brouté" du kath, nous nous sommes faits des amis harari, nous avons joué avec les petits éthiopiens de Dire Daoua, animé un workshop "théâtre de chaussure" avec les élèves du lycée français d'Addis-Abeba et embrassé l'Afrique pour la première fois.

Mieux que ça, parfois l'alignement des astres offre de belles surprises, sans que nous l'ayons fait exprès, la première représentation d'Arthur à Vendre de cette tournée éthiopienne a eu lieu au Harar le 20 octobre, soit le jour de la naissance de notre cher Arthur Rimbaud, dans la dernière ville où il a vécu. Les astres...

"Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou"

Là-bas, au Harar, je m'y sens différent, pas comme d'habitude, je chasse de mes pensées des trucs mystiques débiles de comédien, mais quand même, j'ai l'impression qu'il se glisse dans mes pas notre Arthur, j'ai l'impression qu'il m'habite comme jamais. Je reconnais les rues, le soleil, plus haut que chez nous, les ânes et les chiens errants du Harar. Tout cela me semble étrangement familier.

Jouer Arthur au Harar. Je n'aurais jamais cru que cela fut possible...

Croire en ses rêves, les rendre possible. Voilà peut-être aussi ce que nous voudrions porter avec la compagnie. Dans nos spectacles. Qu'ils soient des embrayeurs formidables pour se créer des lignes de fuite, pour devenir autre chose que ce que nous sommes. Se dépêtrer des conventions, des déterminismes et croire encore un peu, en ce qu'on veut. 

Arthur Rimbaud... lui, l'insolence à l'état pur, la désinvolture, qui lance sa merde à Dieu, qui pisse sur les mauvais poèmes de poètes imposteurs en révolte, qui écrit une constitution communiste que malheureusement on ne retrouvera jamais, pour qui l'écriture allait changer le monde, et qui comprit, bien assez tôt, qu'elle ne changerait rien du tout.

Celui qui a déserté le poème pour vivre sa vie d'aventurier assommé par le Soleil de l'Afrique de l'Est. C'est celui-là, qu'encore un peu, nous avons rencontré. Trouvé le corps d'Arthur dans le corps même de l'Afrique.

Il y a quelque chose qu'Eloi Recoing, grand traducteur, nous expliqua un jour à mes camarades et moi durant un atelier à l'ENSATT qui me marqua beaucoup. Une pensée qui m'accompagne souvent. Il nous parlait - magnifiquement - de sa pratique de la traduction et nous livrait comment il avait trouvé le corps de Kleist en traduisant son oeuvre. Cela m'a marqué car il y avait là quelque chose de l'ordre de la mutation, d'un ADN en restructuration (je suis fan des X-Men).

En Afrique, il y a eu ça. Un peu pareil. Une transformation. Je ne jouerai plus Arthur Rimbaud de la même façon. Quelque chose de son corps m'est apparu qui ne peut plus me quitter.

En septembre prochain, nous créerons une nouvelle version du spectacle, qui passera de 45 minutes à une heure, où nous pourrons raconter la vie africaine d'Arthur Rimbaud, jusque sa mort, une jambe en moins.

Mais en attendant, nous avons un autre spectacle à créer, Choisir l'écume, dont les premières dates auront lieu les 7 et 8 décembre à 20h30 au Théâtre Victor Hugo de Bagneux.

Alan Payon.