La balade urbaine.

 

Repère : 

 

La balade est un des volets phares d’un vaste projet de médiation "Nos grand-mères" mené par Les enfants sauvages, pour le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes.

 

Les enfants sauvages ont donc travaillé avec un groupe de cinq jeunes volontaires issues des lycées Armand Malaise et Sévigné de Charleville-Mézières. 

Alan Payon a pu tester la création de masque en serpillère, technique qui servira pour "NONNA & ESCOBAR", quand Thomas Demay, notre créateur son, a pu commecner à monter les paroles issues des interviews de grand-mères. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors, alors... Le projet « Balade Urbaine », c’est quoi ?

C’est un spectacle de marionnette déjà, et c’est aussi un spectacle de rue, et très important, c’est un spectacle créé par des amateurs sous le regard bienveillant des Enfants sauvages, c’est un spectacle où l’on se promène, de « spot » en « spot », où le public est convié à voir surgir dans les rues les souvenirs de celles-ci. Si les murs avaient vraiment des oreilles, imaginez ce que pourraient nous dire les immeubles de Carl’s Town, le Charleville de Rimbaud, celui de l’occupation Nazie, le Charleville de l’époque yéyé, tous les Charleville possibles de mémoire d’homme. C’est ça, la balade urbaine. C’est l’occasion de penser sa ville, de se penser soi-même dans sa ville, de penser les autres aussi, les futurs et les anciens. Se penser, au sein même de la ville où nous sommes tous citoyens, est d’une extrême nécessité. Le théâtre le permet, alors profitons-en, rencontrons-nous, et partageons notre Charleville. 

 

Par ce volet de son projet de médiation autour de sa prochaine création « NONNA & ESCOBAR », Les enfants sauvages veulent partager leur recherche autour des écritures du réel avec le collectif de participants.

 

Les écritures du réel, hum ? 

 

Ce sont toutes les formes d’écriture ayant un lien, de près ou de loin, avec la réalité. C’est presque du documentaire. Mais le documentaire n’est pas du journalisme, le documentaire n’est pas une forme objective, non, le documentaire, par ses points d’entrées dans son sujet, relève déjà, d’emblée, de l’écriture fictionnelle. Une fiction ancrée dans la réalité, que l’on veut montrer, analyser, comprendre. L’écriture du réel, disons, fait un pas de plus vers la fiction, habille le matériel documentaire, le mâtine de poésie, de sens supplémentaires, en créant un univers, à mi-chemin entre réel et imaginaire. 

 

C’est cette forme d’écriture, cette façon de faire poème que Les enfants sauvages partageront avec le collectif. Nous farfouillerons ce territoire des écritures du réel au service des thématiques du grand projet Grand-Mères que la compagnie mène depuis mai 2014, et ce, jusque à son aboutissement, par les représentations du spectacle professionnel "NONNA & ESCOBAR" lors de la prochaine édition du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes. 

 

Forts de tous ces éléments, et sur la base des récoltes de témoignages effectuées par Alan Payon, auprès de dames nées entre 1910 et 1940, vivant actuellement dans des structures d’accueil des seniors de l’agglo Charleville-Sedan, le collectif pourra construire un spectacle déambulatoire retraçant les souvenirs évoqués par les personnes interviewées.

 

Comment la parole des gens peut faire acte de poésie ? Comment la parole de vieilles dames peut-elle être entendue dans les rues de notre société actuelle ? Sont-elles rebelles, ces dames qui ont traversé ce siècle au nombre de bouleversements considérables, entre guerres, droit de vote des femmes, avortement, et mini-jupe ?

 

Nous prendrons à bras le corps ce thème proposé par le Printemps des Poètes, l’insurrection, en affirmant que toute parole portée sur une scène, ou dans la rue, sous un prisme théâtral et poétique, est toujours déjà insurrectionnelle. Pourquoi ? Car une parole que l’on fait entendre vient s’opposer à la société de masse, aux formes et formats entendus, prémâchés. La balade reconstituera des moments de vies, des petites histoires qui n’ont pas de grand H, mais qui sont pour le moins héroïques, nous montrerons comment de petites dames aujourd’hui bien âgées, ont pu être de super-héroïnes. Le théâtre de marionnette et la poésie que défendent Les enfants sauvages, n’ont pas besoin de héros tragiques.

 

Nous sommes, tous, tous les jours, des héros. 

 

La mise en place : 

 

D’octobre 2014 à mars 2015, le collectif se réunira à plusieurs reprises. Les premières séances seront consacrées à la pris de connaissance du matériel documentaire collecté par Alan Payon. Ensuite le collectif s’interviewera lui-même, d’un participant à un autre, pour appréhender les techniques d’écriture du réel. Comment construit-on un interview ? Comment cible-t-on un sujet, etc ... ?

 

A l’aide du matériel documentaire, nous ferons acte de poésie et déterminerons quels souvenirs nous pourrons faire ressurgir dans l’espace publique. Nous nous concentrerons sur des souvenirs d’insurrection, d’acte d’héroïsme, pendant, surtout, l’occupation de Charleville par les nazis, et d’autres, plus cocasses. 

 

Pour le Printemps des Poètes, le collectif se représentera dans la rue, avec ses marionnettes, et fera remonter Charleville dans le temps.